_13Jusqu’au 22 juin, Patti Smith est à l’honneur à la Fondation Cartier à Paris.
Si vous pensiez que la chanteuse historique n’était que punk et poils, vous aviez tout faux !
Celle qui, se défendant malgré tout d’être féministe (« Ma bataille à moi, et sans jeu de mots, ce sont les droits de l’Homme »*), a contribué à la féminisation de l’espace Rock jusqu’alors généralement macho, dévoile ici ses milles facettes depuis 1967. On la découvre poète, dessinatrice, photographe, réalisatrice…
Land 250, c’est le nom de l’appareil photo avec lequel, en 1995, Patti Smith s’est remise à la photographie. Pas de clichés de rock façon Hedi Slimane. Il s’agit ici, parmi les 250 polaroïds exposés, essentiellement d’objets. Inattendus, comme les chaussons de Benoit XV – non pas pour son caractère mystique mais parce que c’est lui qui a canonisé Jeanne d’Arc, adulée par la godmother of Punk – ou pierre recueillie au bord de la rivière où Virginia Woolf s’est suicidée. On est en plein dans l’émotion. Patti Smith nous donne à voir l’âme des choses et les émotions que celles-ci provoquent en elle. Pour ses photos, Patti a choisi les objets plutôt que les sujets par pudeur, pour ne pas envahir l’intimité, et le pola’, pour son « immédiateté ».
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L’univers sonore de l’expo est évidemment signé Patti. Les chansons accompagnent ses polas’, mais aussi ses dessins, qui sont exposés depuis longtemps dans des hauts lieux de l’art contemporain comme le MOMA, figures géométriques ou chevelures, entremêlés de poésies ou de mentions souvent comiques.
La star du CBGB, que l’on apprend imprégnée de culture française (elle a même été faite commandeur de l’Ordre des Arts et des Lettres en 2005), inspirée par Arthur Rimbaud, Jean Genet, Antonin Artaud …,  sera également en  charge de l’organisation des Soirées Nomades (Because the niiiiiight) où vont se meler chansons et poésies et elle s’appropriera le temps de l’exposition la librairie de la Fondation pour en faire sa propre bibliothèque.
Aussi exhaustive et personnelle qu’elle soit, cette exposition n’est pour autant pas « la biographie de la rock star » mais le « fruit d’une opération intellectuelle. ». « Ce qui est intéressant, ce sont les recherches artistiques que Patti Smith a menées."
dit Grazia Quaroni, commissaire d’exposition à la Fondation Cartier.
C’est effectivement en véritable muséologiste que s’est improvisée l’artiste. Le noir et blanc est, sans surprise, prédominant jusque dans l’organisation de l’exposition avec une pièce blanche, occupée par un matelas et ses graffitis, et une autre pièce, noire, hommage funèbre au célèbre photographe et ami Mapplethorpe, mort du Sida il y a 9 ans.  La grande salle de l’installation est aménagée comme un salon, pour que les gens puissent vraiment vivre l’exposition, s’y ancrer et non y passer en coup de vent. Vous aurez peut-être l'occasion de jouer de la guitare avec le fils guitariste de Patti Smith autour des canapés, ou d’écouter Patti elle-même lire des poèmes, au hasard d’une journée. Un salon très rock’n roll et souvenez-vous que People Have the Power. Merci Patti d’être une pintade Punk.

 

* http://www.lesoir.be/culture/cinema/l-actrice-patti-smith-2008-02-11-576695.shtml
** http://www.rfi.fr/culturefr/articles/100/article_64763.asp

Fondation Cartier
261, boulevard Raspail, Paris
01 42 18 56 50
www.fondation.cartier.fr
      
Tous les jours sauf le lundi de 12h à 20h
Soirées nomades les jeudis à 20h30
      
Plein tarif    5 €
Tarif réduit    3,5 €